Le Docteur Trappe

 

                                                                              Antoine Trappe

    Antoine Trappe naît le 4 février 1767 dans l'une des maisons du bourg de Saint Etienne aux clos.

    Son père Antoine et sa mère Marie Veyssade sont tous deux originaires de la paroisse.

     Du mariage Trappe-Veyssade naissent 3 enfants : Jean, l'aîné , né en 1757, Antoine en 1767 et Jeanne en 1770. Les 2 garçons mènent la vie de petits paysans tout en recevant des rudiments d'instruction. Après avoir fréquenté le séminaire de Limoges, Antoine abandonne l'idée d'entrer dans les ordres, et donne des leçons particulières notamment au fils de Tyrbas de Chamberet (médecin principal des armées).

     Puis il part à Clermont-Ferrand, pendant 2 ans (1793/1795) pour s'initier à la chirurgie. Le Comité de Salut Public nomme alors Trappe chirurgien de 2ème classe à la suite du 6ème bataillon de sapeurs de l'armée d'Italie. Puis Trappe eut la chance de bénéficier de l'enseignement prestigieux de l'Ecole de Médecine. Antoine Trappe passant de l'Hôtel Dieu, à Bicètre, à la Salpétrière, à la Charité et, bien sûr à l'Ecole de Médecine, conclut s es études par une thèse le 1er février 1802 ( dissertation sur les excroissances et les pustules vénériennes)

    Sous la restauration, Trappe côtoie les meilleurs médecins : Esquirol, Récamier, Broussais .

    Dès 1806 il est nommé médecin du bureau de bienfaisance et ce, pendant 40 ans., ...

    En 1814 Alexis Boyer( médecin uzerchois de l'Empereur) lui propose d'être chirurgien de Napoléon à l'île d'Elbe, mais Trappe refuse.

    C'est dans le vieux Paris que Trappe s'installe. Sous la monarchie de juillet, il exerce Quai de la Tournelle.     

    De 1814 à 1827 il sera chirurgien major de la Garde Nationale, chirurgien de la Société de Charité maternelle du XIIème arrondissement.A partir de 1830 il est médecin du séminaire de Saint Nicolas du Chardonnet. Jusqu'en 1843 il fut chirurgien de la Maison des orphelins de la Légion d'Honneur de Paris.

    Il fut nommé chevalier de la Légion d'Honneur le 19 août 1823.

    En 1806 Madame Herval de Survie, veuve de l'ancien contrôleur des bâtiments du Roi à Meudon, décide de lui léguer sa fortune.

    Le 4 juin 1840, à l'âge de 73 ans, il épouse Juliette de Gaschier de Fontgiève.

    En 1846 Trappe et sa femme quittent le Quai de la Tournelle ; visiblement affaibli, il fait son testament.

   Le médecin possède alors une belle fortune (porcelaines, cristal, argenterie, meubles, nombreux tableaux, importante bibliothèque (750 volumes environ), mais le gros de la fortune de Trappe s'élevant à 165000 francs est constitué de rentes et de valeurs industrielles.

                                                                                                                       Trappe mourut le 25 mars 1847.

                                                                                 Il fut inhumé au cimetière du Père Lachaise à Paris.

   Il n'avait pas oublié sa petite patrie. De son vivant, il avait fondé, à ses frais, l'école primaire du village. Dans son testament, il décide de créer une rente perpétuelle et inaliénable de 300 francs à la commune de Saint Etienne aux clos " pour honorer la mémoire de ses père et mère" et de préciser :

" Cette rente sera employée de la manière suivante :

         - 100 francs à une fille sage et vertueuse mais pauvre, née dans la commune de Saint Etienne aux clos et y demeurant.

         - 100 francs aux pauvres qui sont hors d'état de travailler, demeurant aussi dans la commune.

         - 50 francs au propriétaire cultivateur qui aura fait faire des progrès à l'art de l'agriculture et à celui des animaux domestiques.

        - Un jury sera composé de douze propriétaires de la commune qui seront pris sur les plus imposés et inscrits au rôle des contributions directes. Ce jury choisira la jeune fille, les indigents et le propriétaire cultivateur et leur distribuera, tous les ans, les legs que je viens de faire le 3 août ( fête de St Etienne, patron de la commune) ou le dimanche suivant.

         - 50 francs à l'école primaire pour acheter des livres qui traiteront de la morale religieuse et civile, de l'agriculture, de la géographie, de l'histoire et de la grammaire. Les livres seront donnés de préférence aux pauvres hors d'état de les acheter.

      Les prix seront donnés aux élèves qui auront fait des progrès et répondu d'une manière satisfaisante aux examens, après les examens et le rapport impartial du maître d'école. Cette distribution en faveur des plus instruits et des plus sages aura lieu une fois par an."

     Enfin il donnait et léguait son portrait à la commune de Saint Etienne aux clos "pour être placé dans la salle d'étude de l'Ecole Primaire" après le décès de sa femme qui en aurait l'usufruit.

    Madame Trappe mourut le 25 octobre 1866 à Paris. Elle fit de très nombreux dons à des organisations charitables, enseignantes et religieuses.

    Peu à peu le legs Trappe perdit de son attrait et manqua son but : en effet en 1862 la commune ayant décidé de reconstruire l'église, elle n'affecta pas le legs et en 1863 on décida ne plus verser la dotation à une rosière tandis que le meilleur agriculteur s'abstint de percevoir le prix.

 

   Aujourd'hui à Saint Etienne aux clos, seules quelques personnes connaissent le nom du médecin et appellent encore "Chez Trappe" sa maison natale, mais bien peu connaissent sa carrière, ô combien prestigieuse, lui qui fut jadis considéré comme " un des plus habiles chirurgiens de Paris"

                                             Ces lignes sont l'occasion de rendre hommage à Antoine Trappe, enfant de notre commune.